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Taux immobiliers 2026 : faut-il emprunter maintenant ou attendre ?

À Bordeaux comme partout en France, les taux sont redescendus autour de 3-3,5 %. Faut-il sauter le pas maintenant ou patienter encore ? La réponse chiffrée.

13 mars 20268 min de lecturePar Christopher Tassin, courtier ORIAS n°25010192

C'est la question que me posent mes clients chaque semaine en ce début 2026 : "Christopher, tu penses qu'on est au plus bas ? On attend encore ou on y va ?"

Réponse honnête : il n'existe pas de moment parfait. Mais il existe des moments raisonnables — et nous y sommes. Voici pourquoi, avec des chiffres, des exemples concrets et zéro langue de bois.

Où en sont les taux immobiliers en mars 2026 ?

Après le pic de 2023-2024 où l'on a frôlé les 4,5 % sur 20 ans, la Banque Centrale Européenne (BCE) a enclenché plusieurs baisses successives de ses taux directeurs depuis mi-2024. Résultat : les taux pratiqués par les banques françaises ont suivi, progressivement.

En mars 2026, voici les fourchettes observées sur le marché national :

| Durée | Profil excellent | Profil standard | |-------|-----------------|-----------------| | 15 ans | 2,85 % | 3,20 % | | 20 ans | 3,05 % | 3,45 % | | 25 ans | 3,25 % | 3,65 % |

Ces chiffres sont des moyennes — selon votre apport, vos revenus, la banque contactée et votre localisation, l'écart peut aller de 0,3 % à 0,7 % dans un sens ou dans l'autre. C'est précisément là que l'apport d'un courtier indépendant fait la différence.

Ce que ça représente concrètement

Prenons un exemple simple : vous empruntez 250 000 € sur 20 ans.

  • À 4,20 % (pic de 2024) : mensualité ≈ 1 540 € — coût total des intérêts ≈ 119 600 €
  • À 3,20 % (mars 2026) : mensualité ≈ 1 410 € — coût total des intérêts ≈ 88 400 €

Différence : 130 € par mois, soit 31 200 € sur la durée totale du prêt. Ce n'est pas anodin.

Faut-il attendre que les taux baissent encore ?

C'est le piège classique. "Je vais attendre que ça descende à 2,5 %." Peut-être que ça arrivera. Peut-être pas. Voici ce que disent les signaux actuels.

Les facteurs qui poussent les taux à la baisse

La BCE a continué à desserrer sa politique monétaire. L'inflation en zone euro est revenue autour de 2 %, proche de l'objectif cible. Les perspectives de croissance restent molles, ce qui incite à des conditions d'emprunt accommodantes. Ces éléments militent pour une poursuite — progressive — de la détente des taux.

Les facteurs qui limitent la baisse

Les banques commerciales ne répercutent pas mécaniquement les décisions de la BCE. Elles ont leurs propres contraintes de refinancement, leurs marges à préserver. De plus, une reprise de l'activité immobilière génère une demande de crédit plus soutenue, ce qui réduit leur incitation à faire du dumping tarifaire.

Le scénario réaliste pour 2026-2027

Les économistes s'accordent sur une fourchette de 2,8 % à 3,2 % sur 20 ans d'ici fin 2026, avec peu de chances de repasser sous les 2,5 % avant 2027-2028 — et encore, sous conditions.

Ce que ça signifie concrètement : attendre 12 à 18 mois pour gagner 0,2 % à 0,3 % supplémentaires n'est rentable que si votre projet est solide et que le marché immobilier local ne repart pas à la hausse entre-temps.

Le vrai calcul : taux + prix du marché

C'est l'erreur de raisonnement la plus fréquente que j'observe. On se focalise sur le taux en oubliant le prix d'achat.

À Bordeaux métropole, après deux années de correction (2023-2024), les prix se sont stabilisés sur certains secteurs et reprennent doucement sur Mérignac, Pessac et Talence depuis le S2 2025. Si vous attendez encore 12 mois dans l'espoir d'un taux à 2,8 %, mais que le bien que vous ciblez prend 3-4 % en valeur pendant ce temps, vous avez perdu sur les deux tableaux.

Un exemple chiffré sur Bordeaux

  • Bien ciblé aujourd'hui : 320 000 €, taux à 3,20 % sur 20 ans
    • Mensualité : ≈ 1 796 € — coût total intérêts ≈ 111 040 €
  • Même bien dans 12 mois : 332 800 € (+4 %), taux à 2,95 %
    • Mensualité : ≈ 1 833 € — coût total intérêts ≈ 107 120 €

Résultat : vous payez le bien 12 800 € plus cher, pour économiser 3 920 € d'intérêts. Bilan net : -8 880 €.

Sans compter les 12 mois de loyer perdus si vous êtes locataire.

Les profils pour qui "emprunter maintenant" est clairement pertinent

Tout le monde n'est pas dans la même situation. Voici les profils pour qui agir en 2026 est particulièrement judicieux.

Les primo-accédants en location

Chaque mois de loyer est de l'argent définitivement perdu. Si votre apport est constitué, votre situation professionnelle stable et votre projet immobilier défini, le coût d'opportunité de l'attente est maximal pour vous.

Les investisseurs locatifs

Avec des taux autour de 3-3,5 % et des rendements locatifs bruts entre 4,5 % et 6 % sur Bordeaux et sa périphérie (Mérignac, Bruges, Eysines notamment), l'effet de levier du crédit est redevenu favorable. Attendre ne fait sens que si votre cashflow actuel vous le permet.

Les indépendants et profils atypiques

2026 est une bonne année pour les travailleurs non-salariés. Après les années de frilosité bancaire post-Covid, les établissements sont à nouveau preneurs de ces profils — à condition de présenter un dossier impeccable. Si vous êtes dans ce cas, consultez notre guide sur le prêt immobilier pour indépendants.

Ceux qui ont un crédit en cours à taux élevé

Si vous avez emprunté en 2023-2024 à plus de 4 %, il peut être pertinent d'étudier un rachat de crédits. Sur certains profils, l'économie mensuelle dépasse 200-300 €.

Comment maximiser son dossier pour obtenir le meilleur taux

Même dans un contexte de taux favorables, toutes les banques ne vous proposeront pas la même chose. Certains établissements sont actuellement plus agressifs que d'autres sur certains profils. La clé : solliciter plusieurs banques simultanément et comparer.

Les éléments qui font la différence

  • L'apport personnel : au-delà de 20 %, vous accédez aux meilleures grilles. En dessous de 10 %, certaines banques refusent ou majorent le taux.
  • Le taux d'endettement : la règle des 35 % reste la norme HCSF. Optimiser son reste à vivre peut débloquer des situations.
  • La stabilité professionnelle : CDI + ancienneté = levier fort. Indépendant avec 3 bilans solides = acceptable. CDD = à travailler.
  • L'assurance emprunteur : souvent négligée, elle représente jusqu'à 30 % du coût total du crédit. Grâce à la loi Lemoine, vous pouvez la changer à tout moment — c'est un levier d'économie significatif.
  • Les erreurs de dossier : un dossier mal préparé peut faire perdre 0,2 à 0,3 % de taux, voire entraîner un refus. Lisez notre article sur les 5 erreurs classiques à éviter.

Ce que dit vraiment le marché bordelais en 2026

Sur le terrain, voici ce que j'observe chaque semaine sur Bordeaux et la Gironde :

La demande revient progressivement. Après deux ans de gel, les transactions reprennent. Les acquéreurs qui avaient mis leur projet en pause font leur retour — surtout les primo-accédants qui ont profité de ce creux pour consolider leur apport.

Les vendeurs sont devenus plus réalistes. Les prix affichés sont plus proches des valeurs de marché qu'en 2021-2022. La marge de négociation est réelle, entre 3 % et 7 % selon les biens et les communes.

Les banques jouent le jeu. Avec la reprise du marché, les établissements sont à nouveau en compétition pour capter de nouveaux clients. Les délais de traitement se sont raccourcis, et les grilles tarifaires bougent presque chaque semaine.

Mon conseil de terrain : si vous avez un projet sérieux et un dossier solide, Q1-Q2 2026 est une bonne fenêtre. Pas miraculeuse, mais raisonnable et concrète. Ne cherchez pas le parfait — cherchez le bon.


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